Quand sécheresse physique et signal assurantiel ne racontent pas la même histoire
Une carte bivariée permet de croiser deux informations liées au retrait-gonflement des argiles entre 1988 et 2025 : l’évolution de l’humidité des sols et la croissance des demandes de reconnaissance CatNat sécheresse.
Cette carte ne cherche pas à démontrer une causalité directe. Elle sert à explorer où les signaux convergent, où ils divergent, et ce que ces écarts peuvent révéler sur la dimension territoriale du risque.
Deux signaux liés, mais de nature différente
Le Soil Water Index, ou SWI , est un indicateur hydrique utilisé pour décrire l’état d’humidité des sols. Dans le contexte CatNat sécheresse, il fait partie des éléments mobilisés pour analyser les conditions de sécheresse, aux côtés d’autres critères comme la présence d’argiles sur la commune et la demande formulée par le maire.
Les demandes de reconnaissance CatNat sécheresse correspondent à un signal administratif et assurantiel. Elles sont analysées ici sur la période 1988–2025. Elles dépendent de dommages observés, de démarches communales, de critères réglementaires et de décisions de reconnaissance.
Les deux informations ne sont donc pas indépendantes. Mais elles ne mesurent pas la même chose. L’une décrit une contrainte hydrique ; l’autre décrit la traduction administrative et territoriale d’un phénomène dommageable.
Comment lire la carte
La carte croise deux axes.
Horizontalement, on lit la croissance des demandes de reconnaissance CatNat sécheresse. Vers la droite, cette croissance est plus forte.
Verticalement, on lit l’évolution du signal hydrique. Vers le haut, l’assèchement mesuré par le SWI est plus marqué.
Chaque maille est donc classée selon une combinaison de ces deux dimensions. Les couleurs sombres correspondent aux zones où les deux signaux sont forts. Les couleurs plus contrastées permettent d’identifier les divergences.
Survolez les cases de la légende pour isoler chaque combinaison entre croissance des demandes CatNat sécheresse et assèchement SWI.
Classe 4-4 : forte croissance CCR et assèchement marqué
La classe 4-4 regroupe les mailles où la croissance des demandes CatNat sécheresse est élevée et où le signal SWI indique également un assèchement marqué.
C’est la situation de convergence la plus intuitive : le signal hydrique et le signal administratif évoluent dans le même sens.
La géographie de cette classe rappelle toutefois que le risque retrait-gonflement ne se résume pas à une opposition simple entre un sud sec et un nord humide. Des poches apparaissent aussi dans le centre-est, le bassin rhodanien, la Bourgogne, le Grand Est ou certaines zones alpines.
Classe 4-1 : forte croissance CCR sans assèchement SWI équivalent
La classe 4-1 correspond aux territoires où les demandes CatNat sécheresse augmentent fortement, alors que le signal SWI ne montre pas une intensification équivalente de l’assèchement.
On retrouve notamment de nombreuses mailles dans l’ouest de la France : Bretagne, Pays de la Loire, Normandie, façade atlantique et pourtour méditerranéen.
Cette configuration montre que le signal assurantiel ne peut pas être lu comme un simple reflet direct du signal hydrique. Les demandes CatNat dépendent aussi de la présence d’argiles, de l’exposition du bâti, de la vulnérabilité des constructions, des pratiques de déclaration, des décisions communales et de la procédure de reconnaissance.
Classe 1-4 : assèchement marqué, faible croissance CCR
La classe 1-4 montre la situation inverse de la classe 4-1.
Le signal SWI indique un assèchement marqué, mais la croissance des demandes CatNat reste relativement faible.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette divergence : territoires moins bâtis, sols moins sensibles au retrait-gonflement, constructions moins vulnérables, moindre déclaration des dommages ou décalage temporel entre contrainte hydrique et reconnaissance administrative.
Ces zones ne doivent donc pas être interprétées trop vite comme des territoires “résilients”. Elles indiquent surtout des secteurs où le lien entre sécheresse physique et signal CatNat mérite une analyse locale plus fine.
Ce que cette carte permet de voir et ses limites
L’intérêt principal de cette carte est de faire apparaître plusieurs configurations territoriales : des zones où le signal hydrique et le signal CatNat évoluent ensemble, et d’autres où ils divergent nettement.
Si le signal CatNat était uniquement piloté par l’assèchement mesuré par le SWI, les classes de divergence seraient beaucoup moins visibles. Or elles dessinent des ensembles géographiques cohérents.
Cela suggère que le retrait-gonflement des argiles doit être lu comme un risque territorial, et pas seulement comme un phénomène climatique. La géologie locale, l’exposition du bâti, la vulnérabilité des constructions, les pratiques de déclaration et la procédure de reconnaissance peuvent aussi jouer un rôle.
Cette carte ne prédit pas les dommages futurs et ne démontre pas une causalité directe. Le SWI est un indicateur hydrique modélisé. Les demandes CatNat sont un signal administratif, dépendant des dommages observés, des démarches communales et des critères de reconnaissance.
Les classes de la carte sont relatives. Elles permettent de comparer les territoires entre eux, mais ne doivent pas être interprétées comme des seuils physiques, réglementaires ou assurantiels.
Sources et données
Cette analyse repose sur deux sources principales couvrant la période 1988–2025 : l’indicateur d’humidité des sols produit par Météo-France pour le dispositif CatNat sécheresse, et les données de reconnaissance CatNat sécheresse diffusées par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR).
SWI — indice d’humidité des sols
Le signal hydrique utilisé dans cette analyse repose sur les données mensuelles d’indice d’humidité des sols diffusées sur data.gouv.fr pour le dispositif CatNat.
Ces données permettent de documenter l’évolution de l’humidité des sols dans le temps. Dans cette carte, elles sont utilisées pour caractériser l’intensification relative de l’assèchement.
Données mensuelles d’indice d’humidité des sols pour le dispositif CatNat
CCR — reconnaissances CatNat sécheresse
Le signal administratif et assurantiel repose sur les données de reconnaissance CatNat sécheresse diffusées par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR).
Ce signal ne mesure pas directement l’assèchement des sols. Il reflète une chaîne administrative et territoriale : dommages observés, demande communale, instruction du dossier et décision de reconnaissance.
Réutilisation data.gouv.fr
Cette page est également publiée comme réutilisation du jeu de données SWI sur data.gouv.fr.
Ces sources ne mesurent pas directement la même chose : l’une décrit un état hydrique modélisé, l’autre documente un processus administratif et assurantiel de reconnaissance. La carte doit donc être lue comme un outil d’exploration spatiale, pas comme une preuve causale directe.
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Ces articles forment une progression : comprendre les sols argileux, comprendre ce que mesure l’InSAR, puis comparer l’évolution de la carte RGA.
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